
En amont de la saison vectorielle 2025, le GDS dresse le bilan des épidémies de 2024.
Le GDS a entrepris en Loire-Atlantique et en région Pays de la Loire un bilan des épidémies de MHE et de FCO qui ont sévi en 2024. Cette synthèse a été réalisée avec les Organisations Professionnelles Agricoles, Seenovia, Innoval, l’interprofession laitière CILOUEST et les organismes de recherche, l’ANSES et l’Ecole Vétérinaire de Toulouse. L’objectif était d’évaluer les impacts des maladies sur les cheptels.
En Loire-Atlantique le recensement des foyers fait apparaître un total de 391 pour la MHE et 182 pour la FCO-8, et respectivement en Vendée 54 foyers MHE et 76 foyers FCO-8.
Sur le plan de la reproduction, différentes données ont pu être analysées :
Au niveau des départements, en 2024, les déclarations sont en hausse de 50% en Loire-Atlantique et 22% en Vendée.
En reprenant cette donnée uniquement dans les groupes d’élevages qui ont été foyers, soit de MHE, soit de FCO-8, les sur-déclarations d’avortements au sein des foyers MHE atteint +82% et +130% au sein des foyers FCO-8.
Au niveau des veaux mort-nés, dans les groupes foyers, on constate une augmentation de 10% pour les foyers MHE et 36% pour les foyers FCO-8.
Au-delà de ces pertes de veaux, la FCO passe également bien la barrière placentaire et peut aboutir, lorsque la gestation se maintient, à la naissance de veaux « débiles », à syndrome neurologique, avec des malformations et ne sachant pas boire.
Cette donnée est extraite en synthèse départementale par Innoval, au travers des suivis de reproduction réalisés, et à l’aide d’un indicateur spécifique : le taux de non-retour en chaleurs à plus de 90 jours après l’insémination artificielle fécondante.
En comparant le second semestre 2024 à la même période 2022 et 2023, cet indicateur se dégrade de -3,6% en élevages laitiers et – 8,10% en élevages allaitants en Loire-Atlantique et respectivement -5% et -10,8% en Vendée.
Bien évidemment cet indicateur ne recouvre pas les suivis de reproduction réalisés par les vétérinaires.
Suite au passage des 2 virus, les taureaux peuvent être temporairement (voire longtemps) stériles. Cela a particulièrement impacté les élevages allaitants. Suite à la saison de vêlage d’août/septembre 2024, les vaches et génisses ont été remises aux taureaux dès le mois d’octobre, en plein pic épidémique. Nombreux éleveurs nous ont remonté des diagnostics de gestations avec près de 50% de vaches vides en début 2025, ce qui va soit rallonger les intervalles vêlage-vêlage, soit décapitaliser le cheptel, au regard des cours de la viande.
Au bilan de l’ensemble de ces effets, au premier trimestre 2025, nous observons déjà un déficit de naissances de 9% en Loire-Atlantique et 8% en Vendée.
Malheureusement, cette dégradation va encore se prolonger sur le second voire le 3èeme trimestre, au regard des vaches et femelles retrouvées vide sur l’automne.
Cela impacte directement les élevages mais également toute la filière, que ce soit en lait, ou en viande, avec des effectifs pour engraissement qui risquent de ne pas être au rendez-vous.
Evidemment, à côté des maladies, il faut également prendre en compte la mauvaise qualité des fourrages d’herbe 2024, la contamination des maïs aux mycotoxines et le parasitisme exacerbé en 2024, tous responsables également d’une dégradation de ces mêmes paramètres de reproduction.
Depuis des mois, nous vous recommandons la vaccination. Nous ne pouvons que le réitérer, il n’y a pas d’immunité collective dans nos départements et la vaccination reste la meilleure arme préventive avant la saison vectorielle 2025, d’autant plus que nous attendons la FCO-3 qui a sévi en Sarthe et qui est à nos portes.
Laurent DELOBEL
GDS Loire-Atlantique