
La strongylose respiratoire possède une multitude d’appellations selon les régions : dictyocaulose, bronchite vermineuse, maladie du 14 juillet ou encore la toux d’été. Sachez que ce n’est qu’une seule et même maladie, due à l’infestation de vers parasites de l’appareil respiratoire, Dictyocaulus viviparus.
Cette maladie est observée chez les bovins adultes surtout dans les régions tempérées à pluviométrie élevée.
Ce ver peut mesurer jusqu’à 8 cm de long et vit dans les bronches et la trachée des ruminants.
Les vers femelles vont y pondre des œufs contenant une larve, qui va éclore sur place, directement dans l’appareil respiratoire.
Les larves vont remonter dans la trachée : cette remontée, désagréable pour l’animal, va provoquer le phénomène de la toux. C’est ainsi que les larves vont arriver dans la gueule de l’animal, puis être dégluties et éliminées dans les bouses.

Les larves vont remonter dans la trachée : cette remontée, désagréable pour l’animal, va provoquer le phénomène de la toux. C’est ainsi que les larves vont arriver dans la gueule de l’animal, puis être dégluties et éliminées dans les bouses.
C’est donc dans l’herbe que les larves vont se développer et atteindre leur stade infectant (L3) en 5 jours dans des conditions optimales de température et d’humidité.
Il faut savoir que ces larves vont se déplacer hors des bouses avec l’aide d’un champignon (présent à la surface des bouses) qui va, sans vent, pouvoir se disperser à 3m de distance via l’éclatement de sa partie supérieure, le sporange. Lorsqu’il y a du vent, la contamination de la pâture peut se faire à des distances considérables depuis les bouses infectées, voir même d’une parcelle à une autre.

Après leur ingestion avec l’herbe, les L3 vont traverser l’intestin, êtres entrainées jusqu’aux poumons puis aux bronchioles, pour finalement aller se transformer en adulte dans les grosses bronches et la trachée.
Ce cycle dure au minimum 22 jours, parfois 28 jours selon les conditions climatiques (diminution de la température et du taux d’humidité), et la durée de vie du parasite ne dépasse pas 2 mois.

Quel que soit l’âge de l’animal atteint, les manifestations cliniques sont comparables et ne diffèrent qu’en intensité :

Quinte de toux (forte et sèche au début puis de plus en plus grasse)
Accélération du rythme respiratoire
Tête allongée sur l’encolure et la bouche largement ouverte pour faciliter la respiration
Lors de forte infestation, les animaux ne peuvent ni boire ni manger à cause des crises de toux, maigrissent rapidement, pouvant mourir d’asphyxie.
La sévérité de signe varie selon l’âge du bovin, le nombre de larves infestantes ingérées, et la durée d’exposition au parasite. En l’absence de traitement, la plupart des sujets infestés vont guérir au bout de plusieurs semaines, mais quelques-uns pourront développer des signes plus sévères.
Les animaux de tout âge qui ont acquis une immunité vis-à-vis de D. viviparus ne présentent généralement pas de signes cliniques lors d’une réinfestation.
Pour savoir si vos animaux sont infestés par les strongles pulmonaires, le diagnostic repose sur la recherche de larves dans les bouses. Cette coproscopie doit se faire à partir de bouses fraiches récoltées sur l’animal et non au sol.
Les larves étant très sensibles, il faut que les prélèvements arrivent dans les 6h au laboratoire pour analyse (en les conservant au frais). Ces coproscopies sont faites sur des animaux ayant des signes cliniques pour confirmation du diagnostic clinique.
La prévention des strongyloses respiratoires passe par l’immunisation des animaux dans les cheptels infestés.
Pour les strongles digestifs on considère qu’il faut 8 mois de contact effectif avec le parasite (c’est-à-dire le temps de pâture auquel on enlève la rémanence d’un traitement et la complémentation alimentaire s’il y en a) pour qu’un animal soit immunisé.
Pour les strongles respiratoires, ce temps de contact pour être immunisé est inférieur.
Comme pour les strongles digestifs, il faut réaliser une bonne gestion des pâturages (rotation, fauches, drainage).
Le traitement des animaux contre la dictyaucolose se fait une fois que le diagnostic est confirmé par coproscopie. Le traitement passe par l’administration d’un antiparasitaire.
Les antiparasitaires ciblent généralement les strongles digestifs ET les strongles respiratoires.
Pour les cheptels qui ne sont pas infestés, il faut être prudent lors d’introduction d’animaux qui peuvent être des porteurs sains de dictyocaules. En effet, si votre cheptel souche n’a jamais été en contact avec ces parasites, l’introduction d’animaux porteurs contaminera vos animaux naïfs ! C’est pourquoi un traitement peut être réalisé à leur entrée.