
Ostertagia ostertagi est la cause la plus fréquente d’ostertagiose, qui se caractérise par une perte de poids et une diarrhée, atteignant surtout les jeunes durant ou après la 1ère saison de pâturage.
Les bovins adultes sont normalement immunisés, mais des cas peuvent survenir quand cette immunité est compromise, ou si les animaux sont exposés à une forte réinfestation.
Ce ver est répandu dans toutes les régions tempérées du monde ainsi que de nombreux pays subtropicaux. A partir du moment où les animaux pâturent, ils sont infestés par les strongles gastro-intestinaux.
Ostertagi adulte est un ver très fin mesurant jusqu’à 1cm de long, qui ne peut être vu que lors d’un examen rapproché et attentif de la muqueuse gastrique.
Son cycle évolutif est rapide, et les œufs sont éliminés dans les bouses.

Ils évoluent jusqu’à leur stade infestant (L3) dans les bouses, puis ces larves quittent alors les bouses pour se retrouver sur l’herbe avec l’aide de l’humidité. Après ingestion par les bovins, les larves L3 passent dans le rumen, puis gagnent la caillette puis la lumière gastrique, où elles deviennent mâtures sexuellement.
La durée du cycle (sur la pâture) est normalement de 3 semaines, mais cette durée peut être allongée ou raccourcie selon la température :
.. 1 semaine à 22°C
.. 2 semaines à 17-18°C
.. 3 à 4 semaines à 12-15°C
Il existe 2 formes cliniques : l’ostertagiose de type I, et celle de type II.
| OSTERTAGIOSE TYPE I | OSTERTAGIOSE TYPE II | |
| QUI TOUCHE T’ELLE PRINCIPALEMENT ? | Veaux ou animaux de 1ère saison de pâture | Animaux suivant leur 1ère saison de pâturage |
| A QUOI EST-ELLE DUE ? | Ingestion massive de L3 (3 à 4 sem avant) | Réveil massif des larves en hypobiose à l’automne |
| QUAND SE PRODUIT-ELLE ? | à partir de la mi-juillet, mais surtout à l’automne à la reprise des pluies | Fin d’hiver, début du printemps |
| MANIFESTATIONS ? | Diarrhée persistante de couleur vert brillant Taux morbidité élevé, mortalité rare Perte de poids considérable, affecte la qualité des carcasses. | Diarrhée intermittente, anorexie, soif intense, pelage terne, œdème de l’auge Morbidité faible, mortalité élevée Perte de poids considérable, affecte la qualité des carcasses. |
Il existe plusieurs façons de diagnostiquer la présence du parasite :
– Le dosage du pepsinogène sérique, qui est un marqueur de l’infection : se fait sur le sang, sur 5 à 10 animaux d’un même lot. Les résultats ne sont interprétables que pour les génisses de 1ère et 2ème années de pâture. L’interprétation peut-être la suivante :

– La coproscopie : n’apporte d’information que pour les jeunes veaux de moins de 10 mois.
Bien qu’étant principalement une maladie des jeunes bovins, l’ostertagiose peut aussi affecter les animaux plus âgés surtout si ils n’ont pas été exposés à ce parasite (ou peu) ; dans ce cas les bovins n’ont pas acquis une immunité suffisante. le parasite !
Lorsque l’infestation parasitaire est trop importante, un traitement est nécessaire ; sachez qu’il existe différents types de molécules : L’acquisition de cette immunité s’effectue lentement, on évoque en général de 8 mois de contact (attention : les périodes de complémentation alimentaire ou de traitements sont à soustraire car le bovin n’est plus en contact avec.)
.. traitement non rémanent à action immédiate
.. traitement rémanent
.. traitement avec des bolus à libération prolongée
.. traitement avec des bolus à libération séquentielle : protège les animaux durant 3 mois environ.
Vous vous en doutez, les traitements par bolus ne sont pas à privilégier pour des animaux dont le but est l’obtention d’une immunité.
Il faut porter une attention aux parcelles de pâturage des veaux sous la mère et des génisses.
Il faut prendre en compte :
la hauteur d’herbe : éviter le pâturage ras, les larves se concentrent sur le bas de l’herbe (5 premiers cm)
la densité animale : moins il y aura d’animaux sur une parcelle, plus il y aura un effet de dilution des parasites sur celle-ci
l’utilisation précédente du pâturage : éviter de faire pâturer les génisses sur des parcelles pâturées par des d’animaux non immunisés, c’est-à-dire avec moins de 2 années de pâturage (car elles contribuent au recyclage des parasites et donc à l’infestation massive des parcelles)
les fauches : si la parcelle a été fauchée et non pâturée, elle peut être considérée comme saine
le pâturage alterné avec d’autres espèces : efficace pour la lutte contre les strongles digestifs, attention aux autres maladies