
La Petite Douve du foie ou dicrocoeliose est causée par Dicrocoelium lanceolatum, parasite du foie et de la vésicule biliaire. Surtout connue comme parasite des ovins, il affecte également les bovins; les œufs sont très résistants aux conditions climatiques, ce qui signifie que les pâtures contaminées le sont toute l’année.
Contrairement à la grande douve qui se nourrit de cellules du foie, la petite douve se nourrit de bile.
Les ruminants s’infestent par ingestion de fourmis contenant les larves du parasite. Ces larves gagnent le foie par voie sanguine, se développent dans le foie, puis se fixent dans les voies biliaires où elles deviennent adultes.
La petite douve pond alors des œufs qui sont éliminés avec les fèces (résistance des œufs possible pendant 5 ans). Un escargot (la petite douve peut infester plusieurs espèces) avale alors les œufs et excrète des boules agglomérées de mucus contenant des larves.
La fourmi se nourrit de ce mucus et ingère les parasites. Il se produit alors un phénomène unique en parasitologie. Des larves du parasite vont se loger au niveau du ganglion nerveux sous-œsophagien, engendrant des contractions mandibulaires qui bloquent la fourmi en haut des brins d’herbe, favorisant leur ingestion par les bovins ou les ovins. Ce phénomène est accentué lorsque la température est inférieure à 13°C, donc essentiellement en fin de nuit.
Les petites douves, lors d’une infestation importante, peuvent provoquer une inflammation du foie et une dilatation des canaux biliaires. On observe alors une perte de poids, de l’anémie, des œdèmes et des troubles digestifs.
Le dysfonctionnement du foie lié à la présence de douve (petite ou grande) se manifeste aussi par des anomalies du métabolisme protéique, pouvant occasionner des troubles de la fertilité chez les vaches et des défenses amoindries chez les jeunes, faute de colostrum de qualité.
En l’absence de symptômes spécifiques, toute suspicion est à confirmer par des analyses. Le diagnostic repose sur la mise en évidence des œufs de Dicrocoelium lanceolatum dans les matières fécales.
Le taux d’excrétion le plus important a lieu en automne et en hiver avec un maximum en mars.
La protection par une réaction immunitaire n’a à ce jour pas été démontrée, un traitement est donc indispensable en cas d’infestation. Ce traitement devra être effectué plusieurs années de suite afin de réduire au maximum l’excrétion parasitaire fécale et de rompre la contamination des escargots, hôtes intermédiaires de la petite douve.
En cas d’infestation massive, il peut être intéressant d’effectuer deux traitements dans l’année.
Seul hic : on ne dispose que de très peu de produits actifs contre la petite douve, que ce soit sur les bovins ou les ovins. Il faut noter qu’il est nécessaire d’éviter de traiter dans le premier tiers de gestation (embryotoxicité) et que ces produits n’ont pas de rémanence.
Le traitement des animaux qui sont laissés dans des parcelles contaminés ne les empêchent pas de se ré infester immédiatement…
L’infestation par Dicrocoelium lanceolatum se caractérise par l’originalité de son cycle évolutif, ce qui rend la prévention de cette maladie particulièrement difficile.
L’élimination des hôtes intermédiaires n’étant pas réalisable, l’emploi de spécialités vétérinaires aux propriétés pouvant détruire ce parasite peut être une solution après la rentrée des animaux en stabulation. Toutefois, des hôtes intermédiaires parasités survivent durant l’hiver et causent la ré-infestation lors de la mise à l’herbe l’année suivante, voilà pourquoi il est difficile de se prévenir de cette infestation.