
QUEL EST L’AGENT RESPONSABLE ?
La BVD (Diarrhée Virale Bovine), est une maladie transmise par un pestivirus (virus dont la manifestation de la maladie dépend du statut immunitaire de l’animal, de son âge et de la souche du virus en cause). Ce pestivirus est extrêmement transmissible, cependant il est peu résistant au milieu extérieur (environ 3 jours).
COMMENT CA SE TRANSMET ?
La principale voie de contamination est l’introduction d’un animal infecté.
Le contact avec le voisinage, les contacts « mufle à mufle » par-dessus la clôture permet la transmission de la maladie.
Le matériel en commun, comme une bétaillère, peut-être une source de contamination.
QUELS SONT LES DIFFERENTS TYPES D’INFECTION ?
Pour les animaux non gestants contaminés, l’élimination du virus se fera naturellement de 15 jours à 3 semaines après la contamination par la formation d’anticorps. Les anticorps formés persisteront durablement (plusieurs années).
Dans le cas d’animaux gestants, il faut distinguer la réaction de la mère de celle du fœtus. Pour la mère les risques ne changent pas, elle sera infectée puis immunisée après 2 à 3 semaines. Pour le fœtus, les risques sont multiples. Le premier mois la mère reviendra en chaleur (mortalité embryonnaire), de 2 à 4 mois sois la vache donnera naissance à un animal IPI (Infecté Permanent Immunotolérant) ou bien elle avortera. Au-delà, les risques sont avant tout des malformations des veaux à naître ou des avortements tardifs.
QUELS SONT LES SYMPTÔMES ?
Cette maladie ne déclare que peu ou pas de symptômes, celle-ci peut néanmoins provoquer une légère fièvre, des pertes de production ou bien de croissance.
L’animal atteint peut aussi manifester une immunodépression favorisant la déclaration d’autres maladies, notamment chez le veau comme des diarrhées néonatales ou encore des troubles respiratoires. Sur les animaux IPI, une « maladie des muqueuses » peut se déclarer, évoluant systématiquement vers la mort de l’animal IPI.
Au niveau du troupeau, toute augmentation des avortements ainsi que toute flambée de pathologies collectives (digestives ou respiratoires) doit faire penser à la BVD.
COMMENT ÉTABLIR LE DIAGNOSTIC ?
Pour savoir si mon élevage est infecté, pour un élevage laitier un test sur le lait de tank est réalisé tous les 6 mois pour connaitre le statut en BVD, pour un élevage allaitant le dépistage sérologique se fait lors de la prophylaxie où sont testés les animaux de 24 à 36 mois, complétés par des sondages « jeunes » sur les animaux de 8 à 12 mois
Le diagnostic sérologique (anticorps) indique surtout une circulation du virus dans le troupeau. Le diagnostic virologique (sur sang ou sur cartilage auriculaire) vise à aller identifier les animaux infectés, notamment les IPI.
COMMENT MAÎTRISER LA MALADIE DANS MON CHEPTEL ?
Après détection de la maladie dans mon élevage le plan d’assainissement comprend le contrôle et dépistage des générations à risque, le dépistage des naissances sur 12 mois, l’élimination des animaux diagnostiqués comme IPI, la vaccination éventuelle du cheptel. La vaccination a pour but de réduire la durée du plan d’assainissement, de sécuriser la mise à la reproduction mais aussi de protéger contre la re-contamination.
COMMENT L’EVITER ?
Pour prévenir la BVD dans mon élevage, il est important d’éviter l’introduction de la maladie via plusieurs leviers. Réaliser des prises de sang à l’achat (virologie sur l’ensemble des animaux ainsi qu’une sérologie sur les achats gestant). Acheter des animaux garantis non IPI. Avoir une bonne gestion des contacts en pâture, pas de contacts avec des animaux d’autres élevages. Une bonne surveillance des avortements permet d’avoir un diagnostic plus rapide de la maladie. La mise en place de biosécurité sur l’exploitation permet de limiter les risques.