
La paramphistomose bovine devient préoccupante dans de nombreux élevages, surtout allaitants. Son importance actuelle dépend de plusieurs facteurs : la raréfaction de la grande douve (qui laisse les limnées disponibles pour leur servir d’hôte intermédiaire), la longévité des parasites adultes, et un faible nombre de médicaments efficaces contre ces paramphistomes (souvent mal employés par une méconnaissance de la dose à administrer).
En France, trois espèces de paramphistomes sont pathogènes chez les ruminants :
Paramphistomum daubneyi (chez les bovins exclusivement)
Paramphistomum ichikawai (chez les ovins)
Paramphistomum cervi ( = leydeni) (chez les ruminants sauvages)
Le paramphistome se rencontre, au stade adulte, dans le rumen des ruminants, d’où son appellation courante « douve de la panse ». A l’état adulte, il y vit groupé en colonies de quelques dizaines à quelques centaines d’individus.
Paramphistomum est un ver de couleur rosée ressemblant à un cône mesurant, à l’état adulte, 6 à 10 mm de long. Ces vers vivent dans le rumen et le réseau, fixés en colonies pouvant aller de quelques individus à une centaine. Ils ingèrent le contenu des réservoirs digestifs, alors que les formes immatures sont hématophages (consommation de sang) lors de leur migration dans la caillette et l’intestin grêle. Ces adultes une fois mâtures sexuellement se reproduiront et pondront des œufs. Le cycle parasitaire de ce parasite est semblable à celui de la grande douve : il possède un hôte intermédiaire, la limnée tronquée, dans lequel il doit obligatoirement passé pour se développer. Cet escargot vit dans les zones humides (fossés, zones de piétinement, abords de ruisseaux ou mares…).
Contrairement à la grande douve, les paramphistomes sont très prolifiques et les œufs toujours très nombreux. En l’absence de traitement, les paramphistomes adultes peuvent vivre 5 à 7 ans.

Il existe deux manifestations cliniques de la maladie, une due aux migrations des stades immatures, l’autre due à l’accumulation des adultes dans le rumen.
.. Forme causée par les migrations des immatures : les stades immatures s’attachent aux parois de l’intestin grêle. Lorsqu’il y a infestation par une grande quantité de stades immatures, cela peut causer une inflammation de l’intestin, entrainant une mauvaise digestion et une malabsorption. Les fortes infestations se traduisent par une diarrhée abondante noirâtre qui peut conduire à la mort de l’animal ou en faire une non valeur économique. Cette forme est rare.
.. Forme liée aux adultes : le paramphistome adulte est considéré comme peu pathogène. On peut observer des formes de maladie chronique due à l’accumulation de paramphistomes adultes. Ceux-ci peuvent entrainer une gêne mécanique à l’origine de ballonnements, de douleur et d’amaigrissement. Les signes cliniques évoquent une réaction inflammatoire liée à la présence d’un corps étranger ayant transpercé le réseau.
Il se fait sur prélèvement de bouse par coproscopie (il n’existe pas de dosage sérologique). L’échantillonnage nécessite des prélèvements de fèces sur 5 animaux par lot. Le nombre d’œufs excrétés est proportionnel à la quantité d’adulte dans le rumen.
Les paramphistomes ont une durée de vie longue (5 à 7 ans). Ils s’accumulent dans le rumen tout au long de la vie de l’animal. Suivant les résultats des analyses réalisées, un traitement contre le paramphistome peut être réalisé.
Il faut savoir qu’une seule molécule est efficace contre ce parasite : l’oxyclozanide. Cette molécule se retrouve dans certains traitements dirigés contre la douve. Il faudra donc vérifier à bien respecter la dose en fonction du parasite qui est visé (jusqu’à la stop-dose pour la douve ; au-dessus pour le paramphistome).

Tout comme pour la grande douve, la prévention passe par l’aménagement des zones humides telles que les jonçais, les rigoles et berges des ruisseaux, des mares ou des étangs.
L’observation permet de cibler les parcelles à risque et mettre en place des mesures plus « agronomiques » (drainage, parcage des zones humides dans la mesure du possible…).
Zone à risque : accès à une eau stagnante hébergeant probablement des limnées ET des parasites de zones humides